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Goudronner un chemin d’accès : les solutions

Chaque automne, c’est la même histoire : le chemin qui mène chez vous se transforme en piste boueuse. On finit par se dire qu’il serait temps de goudronner un chemin qu’on rebouche à la brouette depuis des années. L’idée est bonne. Reste à savoir ce qu’on met derrière le mot goudron. Toutes les solutions ne se valent pas, et surtout pas sur les mêmes chemins.

Dans la Somme, la question revient souvent. Longères en retrait de la route, corps de ferme, maisons desservies par une centaine de mètres de terre battue… Et avec un sol qui tient l’eau, un chemin mal préparé se dégrade vite. Voici comment s’y prendre, et comment choisir.

Goudronner un chemin, ça veut dire quoi au juste ?

Dans le langage courant, goudronner un chemin veut dire poser un revêtement noir et lisse sur une voie de passage. Techniquement, le goudron a disparu des chantiers depuis longtemps : c’était un dérivé de la houille, abandonné pour des raisons sanitaires et environnementales. Ce qu’on pose aujourd’hui, c’est du bitume (un dérivé du pétrole) mélangé à des granulats.

Le mot reste, mais la matière a changé. Concrètement, quand on vous parle de goudronnage, il s’agit soit d’un enrobé, soit d’une émulsion bitumineuse. Deux techniques différentes, deux rendus différents, deux budgets différents. Si les termes se mélangent d’un devis à l’autre, notre article sur l’enrobé à chaud ou à froid fait le tri.

Ce qui fait tenir un chemin, c’est ce qu’il y a dessous

Un chemin d’accès ne s’use pas par le dessus, il casse par le dessous. En fait, la couche noire qu’on voit ne fait que quelques centimètres : c’est le support en dessous qui encaisse le poids des véhicules. Résultat : un enrobé posé sur un fond mal préparé se fissure en deux ou trois hivers. Aucune réparation de surface ne le rattrape ensuite.

Un chantier sérieux suit toujours les mêmes étapes :

  • Décapage de la terre végétale, jusqu’à retrouver un sol porteur
  • Pose d’un géotextile quand le terrain est argileux, pour éviter que les cailloux s’enfoncent et que la terre remonte
  • Couche de fondation en grave compactée, en général 20 à 30 cm pour un usage voiture, davantage si des engins agricoles passent
  • Compactage en plusieurs passes (l’étape qu’on voit sauter sur les chantiers bâclés)
  • Pente d’écoulement d’un à deux pour cent, pour que l’eau parte quelque part
  • Couche de roulement, cinq à six centimètres environ pour un enrobé de particulier
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À retenir

Sur les sols argileux qu’on rencontre beaucoup dans la Somme, le géotextile et le compactage font plus pour la durée de vie du chemin que le choix du revêtement final. C’est aussi ce qui explique les écarts entre deux devis qui semblent porter sur la même chose.

Enrobé ou bicouche : les deux façons de goudronner un chemin

Goudronner un chemin, concrètement, se fait de deux manières. Les deux utilisent le même liant bitumineux, mais elles ne se posent pas pareil et ne donnent pas le même résultat.

L’enrobé à chaud

C’est la solution la plus durable : une quinzaine d’années, souvent plus, pour un chemin de particulier correctement fondé. Le mélange arrive sur le chantier à près de 180 °C et se pose au finisseur. Cela demande donc du matériel spécifique et une équipe qui travaille vite. On obtient une surface lisse et fermée, facile à balayer, agréable à rouler, praticable au vélo comme à la poussette.

L’émulsion bitumineuse bicouche

Le principe est différent : on répand un liant, puis des gravillons, on compacte, et on recommence une seconde fois (d’où le nom). Le rendu est plus granuleux qu’un enrobé, avec un aspect gravillonné qui s’intègre très bien aux cours de ferme et aux abords de longère. Comptez ensuite plus de dix ans de tenue, parfois jusqu’à vingt selon le passage. En revanche, elle n’aime pas les fortes pentes : les gravillons finissent par rouler.

Le détail de la technique est dans notre article zoom sur l’émulsion bitumineuse bicouche.

Et si le goudron n’est pas la bonne réponse ?

Il arrive qu’on parte sur l’idée de goudronner et qu’on en revienne, pour de bonnes raisons. Par exemple un chemin de deux cents mètres très peu circulé. Ou un PLU qui limite les surfaces imperméabilisées. Ou simplement un budget qui ne suit pas. Deux solutions non bitumineuses font alors très bien le travail. Ce ne sont pas des équivalents du goudronnage : ce sont des choix différents, à assumer comme tels.

Le concassé compacté

L’empierrement reste d’ailleurs une vraie option quand le chemin est long, peu circulé, et qu’on assume un aspect campagne. Un fond bien préparé, une grave concassée, un bon compactage, et on obtient une voie roulante et drainante. Elle demande un rechargement de temps en temps, et elle laisse passer les herbes. Sur un accès de plusieurs centaines de mètres, c’est souvent ce qui permet de faire les choses correctement plutôt que de revêtir à moitié.

Le gravier stabilisé

Dalles alvéolaires remplies de gravier, ou résine drainante : ces solutions gardent l’aspect minéral et la perméabilité, tout en évitant que les cailloux partent sur les côtés. C’est un bon choix quand le PLU impose de limiter les surfaces imperméables, ou quand l’esthétique compte autant que la praticité. Nos conseils pour stabiliser une allée en gravier s’appliquent aussi aux chemins d’accès.

Quelle solution pour quel chemin ?

Maintenant qu’elles sont toutes sur la table, le choix se joue surtout sur quatre paramètres. La longueur, la pente, le type de véhicules et la nature du sol.

  • Chemin court (10 à 30 m), maison de bourg, voitures : l’enrobé à chaud, sans hésiter. Belle finition, entretien quasi nul.
  • Chemin long (50 m et plus) menant à une longère ou une ferme : l’émulsion bicouche, qui couvre de grandes surfaces avec un rendu cohérent avec le bâti.
  • Accès emprunté par un tracteur, un camion de livraison ou une bétaillère : on renforce d’abord la fondation, puis enrobé renforcé ou concassé selon le budget.
  • Chemin en pente marquée : enrobé plutôt que bicouche, avec un vrai traitement des eaux en bas de pente.
  • Terrain argileux ou point bas humide : géotextile obligatoire, et on réfléchit sérieusement à une solution drainante.

Un point revient systématiquement sur les chantiers. Un chemin qui reste boueux malgré des rechargements réguliers n’a pas un problème de revêtement. Il a un problème d’eau. Avant de choisir la couche du dessus, il faut donc savoir où elle part. Nos revêtements drainants pour une allée sans flaques d’eau donnent quelques pistes applicables aux chemins.

Pratique

Repérez votre chemin un jour de forte pluie, avant les travaux : les flaques vous disent exactement où l’eau s’accumule et où il faudra la reprendre.

Trois points qu’on oublie avant de goudronner un chemin

Revêtir un chemin, c’est aussi imperméabiliser plusieurs dizaines (voire centaines) de mètres carrés. L’eau qui s’infiltrait doit désormais aller ailleurs. Et elle finit rarement chez le voisin sans que celui-ci s’en aperçoive. Une noue, un caniveau, un puisard ou une bande drainante en rive : tout cela se prévoit au moment du chantier, pas après.

Côté démarches, refaire le revêtement d’un chemin qui vous appartient ne demande en général aucune autorisation d’urbanisme. Deux exceptions sont à vérifier en mairie. D’abord, le PLU peut encadrer les surfaces imperméabilisées. Ensuite, la création ou la modification d’un accès sur la voie publique relève du gestionnaire de la voirie, commune ou département, qui délivre une permission de voirie.

Reste enfin le cas fréquent en Picardie : le chemin qui dessert plusieurs habitations et qui appartient en réalité à la commune. Ces chemins ruraux relèvent du domaine privé communal, et la commune n’a pas d’obligation légale de les entretenir (article L161-5 du Code rural). Les riverains peuvent en revanche se constituer en association pour prendre les travaux en charge. Un point à clarifier avant d’engager quoi que ce soit.

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Remarque

Le troisième oubli est le plus terre à terre : l’accès du chantier. Un camion d’enrobé et un finisseur ont besoin de place pour manœuvrer. Sur un chemin étroit bordé de haies ou de fossés, l’organisation se prépare en amont, parfois avec une taille préalable.

Vos chemins et vos cours avec Charon Création

Charon Création aménage des cours, des allées et des chemins d’accès à Abbeville et dans toute la Somme depuis plus de 15 ans.

Avant de parler revêtement, nos équipes viennent d’abord voir le chemin. La nature du sol, les points où l’eau stagne, la largeur disponible, les véhicules qui passent réellement. C’est ce qui permet de dire honnêtement si un enrobé est justifié, si un bicouche suffira, ou s’il vaut mieux commencer par reprendre la fondation.

Enfin, notre zone d’intervention couvre 50 km autour d’Abbeville : Amiens, Albert, Péronne, Doullens, Saint-Valery-sur-Somme, Saint-Riquier, Oisemont et la Baie de Somme. Le déplacement et le devis sont gratuits.

FAQ — Goudronner un chemin d’accès

Peut-on goudronner un chemin soi-même ?

Sur quelques mètres carrés de réparation, oui, avec de l’enrobé à froid. En revanche, sur un chemin d’accès complet, non : le résultat tient à la préparation du fond et au compactage, qui demandent des engins. Un enrobé posé à la main sur un sol non préparé se fissure dès le premier hiver.

Quelle est la différence entre goudron, bitume et enrobé ?

Le goudron (dérivé de la houille) n’est plus utilisé. Le bitume est un dérivé du pétrole qui sert de liant, et l’enrobé est le mélange de ce liant avec des granulats. Quand on dit goudronner, on parle donc en réalité d’enrobé ou d’émulsion bitumineuse.

Faut-il une autorisation pour goudronner un chemin d'accès ?

Refaire le revêtement d’un chemin situé sur votre terrain ne nécessite généralement pas d’autorisation d’urbanisme. En revanche, créer ou modifier un accès sur la voie publique demande une permission de voirie, et le PLU de votre commune peut limiter les surfaces imperméabilisées.

Qui doit entretenir un chemin rural qui dessert plusieurs maisons ?

Un chemin rural appartient à la commune, mais celle-ci n’a pas d’obligation légale de l’entretenir. Les riverains peuvent se regrouper en association syndicale pour financer et organiser les travaux. Mieux vaut vérifier le statut exact du chemin en mairie avant de lancer un projet.

Combien de temps faut-il attendre avant de rouler sur un chemin fraîchement revêtu ?

Quelques heures pour marcher dessus, 24 à 48 heures pour les véhicules dans le cas d’un enrobé à chaud. Pour une émulsion bicouche, la circulation est possible rapidement, mais on évite les manœuvres brusques les premières semaines, le temps que les gravillons se stabilisent.

Combien coûte le goudronnage d'un chemin d'accès ?

Cela dépend entièrement du chantier : longueur, largeur, état du sol, accessibilité, technique retenue. Un chemin de ferme de 100 mètres et une entrée de 15 mètres n’ont rien à voir. Nos équipes se déplacent pour évaluer le projet sur place et le devis est gratuit.

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